À Marseille, la crise s’expose. En l’espace de quelques jours, l’OM a basculé dans une nouvelle séquence de turbulences invraisemblables, entre réorganisation interne, départs avortés, reprise en main de l’actionnaire et spéculation autour du futur entraîneur.
McCourt sort du silence et reprend la main
Présent à la Commanderie ce mardi 17 février, Frank McCourt a multiplié les prises de parole. Devant les joueurs d’abord, puis face aux responsables des groupes de supporters. L’objectif est toujours le podium, et un parcours ambitieux en Coupe de France.
Selon RMC Sport, l’actionnaire américain a confirmé son engagement dans la durée, balayant toute hypothèse de vente. Il aurait également insisté sur la nécessité de stabilité, dans un club secoué par les changements à répétition, aussi bien sur le banc que dans les bureaux.
McCourt n’a pas éludé le climat autour du Vélodrome. Les banderoles et les messages apparus ces derniers jours n’ont pas été appréciés, et le grand patron aurait souligné l’importance du soutien populaire dans le sprint final, appelant à l’unité pour sécuriser une qualification en Ligue des champions.
Longoria en retrait, influence en baisse
Dans cette nouvelle architecture de l’organigramme marseillais, Pablo Longoria apparaît fragilisé. Officiellement maintenu dans ses fonctions, le dirigeant espagnol voit toutefois son périmètre évoluer vers un rôle davantage institutionnel.
L’argument avancé en interne serait de conserver une voix au conseil d’administration de la LFP et dans les instances européennes. Un départ immédiat priverait l’OM de ce poids stratégique, mais dans les faits, son influence s’est érodée. C’était déjà le cas notamment ces derniers mois depuis sa longue suspension et les tensions persistantes autour des droits TV.
Le malaise s’est aussi matérialisé à la Commanderie, où des tags visant Longoria ont été constatés ces dernières heures, symbole d’un climat devenu délétère et d’une défiance d’une partie du public. Parallèlement, McCourt aurait confié vouloir nommer prochainement un nouveau président, sans calendrier ni identité dévoilée. Une perspective qui nourrit l’idée d’un rééquilibrage profond de l’organigramme.
Beye attendu, mais toujours lié à Rennes
Sur le banc, la priorité se nomme Habib Beye. Son arrivée a été présentée comme probable lors des échanges avec les supporters, dans un contexte de mission courte durée jusqu’à la fin de saison. Si l’ancien défenseur olympien est prêt à relever le défi, sa situation contractuelle avec le Stade Rennais FC pose un problème.
Une conciliation s’est tenue ce mardi devant la commission juridique de la LFP. Selon les informations de RMC Sport, aucun accord n’a été trouvé, et la procédure suit donc son cours. Rennes dispose théoriquement d’un délai allant jusqu’au 12 mars pour notifier la rupture de son contrat.Â
En clair, Beye ne pourra être officiellement libre que si le club breton accélère le processus. Des sources proches du dossier se disent toutefois étonnées à l’idée que Rennes bloque durablement le technicien, d’autant que les deux clubs ont récemment cosigné une tribune commune sur l’avenir du football français il y a peu. L’OM reste donc suspendu à ce feuilleton administratif.
Un club à la croisée des chemins
L’OM a également exploré d’autres pistes. Le nom de Xabi Alonso a circulé, sans suite concrète, l’instabilité ambiante n’ayant pas constitué un argument attractif. En interne, le discours est limpide : la présence régulière en Ligue des champions est essentielle pour stabiliser le projet, ce qui passe par des résultats sur le terrain. Les leaders de groupes de supporters ont, eux, pointé du doigt une instabilité chronique et un manque d’identification.Â
À quelques mois de la fin de saison, Marseille joue gros. Un entraîneur en attente, un président sur le départ, un dirigeant affaibli et un actionnaire qui tape du poing sur la table : une restructuration profonde est en marche. Reste à savoir si ce nouvel équilibre suffira à transformer la tension actuelle en élan collectif. À l’OM, plus que jamais, tout peut basculer, et il serait temps que le terrain reprenne le dessus.
