L’union des gauches et de la société civile
Nicolas Koukas s’appuie sur une union de neuf sensibilités politiques, incluant le PC, le PS, Génération Écologie, Debout, Place Publique et la Gauche Républicaine et Socialiste. S’il mène cette coalition, il insiste sur le fait que sa liste est composée à 80 % de membres issus de la société civile. Son engagement prend sa source dans ses études sur l’histoire de la Résistance à Arles : pour lui, « résister » est un verbe qui doit se conjuguer au présent à travers l’action municipale. Il oppose cette gestion collective à la « verticalité » du maire sortant, qu’il tient pour responsable de nombreuses démissions au sein de la majorité actuelle.
Santé et logement : le service public d’abord
Le candidat place l’attractivité médicale en tête de ses priorités. Constatant une chute brutale du nombre de médecins dans la commune, il propose de « dérouler le tapis rouge » aux praticiens en mettant à disposition des locaux et en facilitant par exemple l’intégration professionnelle de leurs conjoints. Sur le front du logement, il dénonce une situation « massacrée » par l’explosion des locations de type Airbnb, passées de 1 800 à plus de 3 000 en quatre ans. Pour contrer cette dynamique qui vide le centre-ville de ses habitants et de ses commerces, il prône une régulation stricte et une politique de rénovation ambitieuse menée avec les propriétaires privés et les bailleurs sociaux.
L’expertise scientifique pour une économie de pointe
Nicolas Koukas souhaite que la municipalité devienne un facilitateur pour l’accueil de petites unités technologiques innovantes. Pour piloter cette ambition, il a choisi Richard Vidal-Feuillerat comme premier adjoint. Cet Arlésien, scientifique de formation, docteur en chimie organique, il apporte une expérience de gestion internationale acquise notamment au sein du groupe Merck. Spécialiste des nanotechnologies et de l’ADN, il entend mobiliser son réseau professionnel pour attirer des « clusters » à forte valeur ajoutée. Pour Richard Vidal-Feuillerat, l’avenir d’Arles passe par ces structures à taille humaine, capables de créer des emplois qualifiés tout en respectant le cadre de vie local.
Innovation et thalassothermie
L’une des propositions phares de Nicolas Koukas en matière de transition énergétique est le projet de thalassothermie : utiliser l’eau du Rhône pour chauffer les bâtiments publics et réduire ainsi les coûts de consommation pour les usagers. Pour le candidat, l’écologie ne doit pas être une délégation isolée, mais une thématique qui irrigue l’ensemble des politiques municipales.

Sécurité et lien avec les hameaux
En matière de sécurité, il refuse le « tout répressif » et propose de rétablir une politique de prévention active dans les quartiers, délaissée selon lui au cours des dernières années. Il prévoit également d’élargir les horaires de la police municipale pour assurer une présence plus tardive. Enfin, le candidat souhaite recréer un lien physique et culturel avec les villages et hameaux périphériques, souvent oubliés en raison de l’immensité du territoire arlésien. Cela passe par une programmation culturelle décentralisée et des mesures sociales fortes, comme le rétablissement de la gratuité des transports pour les personnes âgées. L’obtention d’un statut particulier pour la plus grande commune de France
Le procès d’une gestion « improvisée »
Au-delà de ces propositions, Nicolas Koukas dresse un réquisitoire sévère contre le bilan de Patrick de Carolis, qu’il accuse d’avoir géré la ville de manière isolée et inefficace. Selon lui, l’administration d’une cité de 50 000 habitants ne s’improvise pas, et la « verticalité » du maire actuel aurait provoqué une instabilité politique sans précédent, illustrée par douze démissions au sein de la majorité sortante. Sur le plan économique, Koukas raille le fameux « carnet d’adresses » promis par le maire, affirmant qu’aucune entreprise d’envergure ne s’est installée à Arles en six ans.
Cette critique s’étend au cadre de vie, où Koukas dénonce un abandon pur et simple de la régulation face à l’explosion du phénomène Airbnb, responsable de la flambée des prix de l’immobilier et de la fermeture des commerces de proximité en centre-ville. Enfin, il fustige le démantèlement des politiques de prévention dans les quartiers et la suppression de mesures sociales ou culturelles historiques, comme la gratuité des transports pour les seniors ou les festivités populaires des « Drôles de Noël », qu’il s’engage à rétablir pour recréer le lien social brisé.
Au-delà des chiffres, c’est une véritable réappropriation de l’espace public que propose Nicolas Koukas. En s’attaquant de front à l’explosion des Airbnb pour sauver le logement et en « déroulant le tapis rouge » aux médecins, il place le niveau de vie des Arlésiens au-dessus des indicateurs touristiques. Son ambition est claire : rendre Arles à ceux qui la font vivre au quotidien, du centre historique aux villages les plus reculés. En 2026, l’enjeu sera de voir si ce programme de bon sens social saura restaurer la fierté d’une population qui refuse de voir sa ville devenir une simple vitrine.
