C’est une nouvelle onde de choc dans une période déjà critique.
Mehdi Benatia a officialisé, ce lundi 9 février, sa démission de son poste de directeur sportif de l’Olympique de Marseillevia un long message publié sur ses réseaux sociaux. Le nul concédé ce samedi contre Strasbourg à sûrement pesé dans la balance.
Moins d’une semaine après la lourde défaite au Parc des Princes (5-0) et le départ de Roberto De Zerbi, l’organigramme marseillais se fragilise encore. En l’espace de quelques jours, le banc puis la direction sportive ont été touchés.
« Le club passera toujours avant les hommes »
Dans son communiqué, Benatia insiste sur la dimension personnelle et assumée de sa décision :
« J’ai effectivement posé (et non proposé) ma démission. »
Une précision loin d’être anodine. Elle suggère une initiative ferme, volontaire et irrévocable. L’ancien international marocain évoque des « crispations autour de la direction », un « climat actuel » qu’il ne peut plus ignorer, et une « insatisfaction croissante » qu’il dit regretter profondément.
S’il affirme que « sportivement, le projet avance » — rappelant que l’OM est encore en course pour une qualification en Ligue des Champions et toujours engagé en Coupe de France — il admet également une rupture dans l’environnement global du club.
« Je ne souhaite pas que ma présence devienne une entrave ou un poids pour l’organisation et le développement. »
Une phrase lourde de sens, qui laisse entrevoir des tensions internes au sommet du club, au-delà du seul terrain. À Marseille, le résultat est seul juge, écrit-il encore, et les derniers scénarios cruels ont visiblement laissé des traces.
Un projet stoppé en plein chantier
Arrivé avec l’ambition de structurer durablement le projet sportif, d’apporter une cohérence au recrutement et d’installer une vision à moyen terme, Benatia quitte le navire à un moment charnière de la saison.
Sportivement, l’OM reste compétitif :
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le podium demeure accessible,
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la qualification en Ligue des Champions reste atteignable,
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un trophée national est encore en jeu.
Mais en coulisses, l’atmosphère s’est alourdie. Entre résultats irréguliers, claques reçues à droite à gauche, fracture avec une partie du public et instabilité institutionnelle, le contexte ne cessait de se tendre.
Après l’entraîneur, c’est désormais le directeur sportif qui s’efface. Deux piliers du projet sportif partis en quelques jours.
Quel impact pour la fin de saison ?
Cette démission soulève plusieurs interrogations immédiates : Qui reprend la main sur la stratégie sportive ? Quelle stabilité pour le vestiaire dans un environnement aussi mouvant ? Le projet peut-il survivre à cette double rupture sans redéfinition claire ?
Le timing interpelle, le message aussi. En quittant ses fonctions, Benatia affirme agir pour protéger le club, mais son départ symbolise surtout la fragilité dans laquelle s’engouffre chaque jour un peu plus l’OM.
À Marseille, rien n’est jamais neutre, et ce nouveau séisme institutionnel pourrait peser bien au-delà des prochaines semaines.
Communiqué de Mehdi Benatia sur son compte Instagram :

