Quatre jours après le séisme provoqué par le départ de Roberto De Zerbi, l’Olympique de Marseille retrouve le Vélodrome dans un climat électrique. Ce samedi 14 février à 17h, pour la 22e journée de Ligue 1, les Olympiens (4e) reçoivent Strasbourg (7e) avec un impératif clair : réagir. Sur le banc, Pancho Abardonado assurera l’intérim, dans l’attente de la nomination d’un nouvel entraîneur.
À Marseille, le contexte dépasse le cadre sportif. Entre la séparation avec De Zerbi, la tentative de démission de Medhi Benatia finalement refusée, et l’arrivée annoncée de Frank McCourt en tribunes, ce rendez-vous face au Racing s’inscrit comme un moment charnière.
Une onde de choc qui a failli dépasser le terrain
La séparation avec Roberto De Zerbi a provoqué une secousse interne plus profonde qu’attendu. Solidaire du technicien italien et touché par la situation, Medhi Benatia a proposé sa démission dans la foulée de l’officialisation du départ. Une décision immédiatement refusée par la direction.
Ce refus n’est pas anodin : il marque la volonté de maintenir une forme de continuité dans un moment instable. Mais il souligne aussi la tension qui a traversé les coulisses marseillaises cette semaine.
Hommage appuyé et cap assumé
Face aux médias, Pancho Abardonado a tenu à rendre hommage à son prédécesseur.
« C’est un coach merveilleux, avec un grand coeur, il m’a accepté dans son cercle très fermé d’adjoints. Je ne peux que le remercier. Ensuite, dans ce que je vais apporter, vous verrez demain. On sera conquérants, avec l’envie de se rattraper, on est revanchards. »
Le respect est manifeste. Il insiste :
« C’est un passionné, j’ai rarement vu un coach aimer autant un club. Je peux dire que les joueurs ont leur part de responsabilité, comme le staff. Maintenant il faut passer à autre chose et oublier. Il faut agir rapidement. »
L’héritage est salué, mais la transition est enclenchée.

Abardonado refuse toute personnalisation excessive de la crise.
« Il faut réagir, on n’est pas loin du podium, on veut remporter la Coupe de France. Il faut réagir rapidement, se remettre en question. Les joueurs savent ce qu’ils ont fait, ils savent qu’il faut une réponse. Je vais leur demander d’avoir plus d’ambition dans le jeu, d’avoir la banane. On peut se rattraper. On est tous responsables. »
La saison n’est pas mathématiquement compromise. Quatrième à l’entame de cette 22e journée, Marseille reste au contact, mais la marge d’erreur s’est réduite.
Une semaine pour « laver les têtes »
Pancho Abardonado n’a pas esquivé la réalité. « Le groupe a été meurtri après le match de Paris », a-t-il reconnu d’entrée. L’intérimaire, déjà passé par cette fonction il y a deux ans, a tenté d’apaiser, de simplifier, presque de désamorcer.
« Il faut laver les têtes, parler avec certains joueurs, sortir le positif, échanger, avoir le point de vue des joueurs. Il faut laver les cerveaux, mettre des choses simples à l’entraînement, ne pas chercher la complication sur le plan tactique.»
Moins de vidéo, plus de liberté, davantage d’échanges individuels. Le discours tranche avec les standards méthodologiques de son prédécesseur. L’objectif est d’apporter de la fraîcheur mentale dans un vestiaire marqué.
« On est tous responsables. Les joueurs, comme le staff. On gagne ensemble, on perd ensemble. Il y aura une réaction. »
L’approche se veut pragmatique. Abardonado parle de « faire des choses simples », d’« avoir la banane », d’oser davantage dans le jeu. Une forme de retour à l’essentiel, dans un environnement qu’il connaît parfaitement.
Le Vélodrome, prêt à sévir
Le technicien marseillais ne se fait aucune illusion sur l’ambiance à venir.
« On s’attend à une ambiance particulière. Le public, au début, sera un peu difficile, c’est logique. Il y aura sûrement des banderoles, des chants. »
À Marseille, l’amour est exigeant. Abardonado l’a rappelé avec lucidité : certains joueurs ont déjà cédé sous la pression du maillot. « Tu dois le savoir quand tu signes ici. »
Le défi sera aussi mental que tactique : les joueurs doivent parvenir à canaliser l’énergie du stade sans la subir.

Sur le plan sportif, le défi est réel. Septième, Strasbourg reste au contact de l’Europe. Abardonado a insisté sur la jeunesse et l’intensité du Racing :
« C’est une belle équipe, très jeune, qui court beaucoup, avec de vrais bons joueurs comme Barco, Moreira… »
Strasbourg a perdu certains défenseurs centraux récemment, ce qui pourrait ouvrir des espaces. Mais le profil reste clair : équipe dynamique, capable de transitions rapides, dangereuse si Marseille se désorganise.
Côté effectif marseillais, un seul forfait confirmé : Leonardo Balerdi, absent en raison d’une otite accompagnée de vertiges. Le gardien titulaire a été décidé, sans être dévoilé.
L’ombre de De Zerbi et la question du successeur
Impossible d’éluder le contexte institutionnel. Suite au départ du coach italien, la direction s’active en coulisses, et plusieurs profils circulent.
Le nom d’Habib Beye revient avec insistance, celui de Sergio Conceição incarne un profil plus expérimenté, et Walid Regragui, sélectionneur respecté pour son management et sa capacité à fédérer, figure parmi les pistes évoquées.
Abardonado, lui, reste mesuré :
« Le coach qui viendra saura quoi faire. Un groupe a été formé avec une manière de jouer. Le nouveau coach devra trouver le bon timing. »
La question n’est pas seulement celle du nom, mais du cap stratégique. Continuité méthodologique ou rupture assumée ? C’est un choix structurant pour la fin de saison et celles à venir.
.Un tournant dans la course aux podium
Quatrième avant cette 22e journée, Marseille n’est pas décroché. Le podium reste accessible, mais l’élan est brisé. Face à un concurrent aux places européennes, l’OM joue sa crédibilité, et doit faire preuve de sa capacité à se relever immédiatement. Pancho le dit lui même, « On sera conquérant, avec l’envie de se rattraper. On est revanchards ».
Une victoire rapporterait l’espoir, un faux pas installerait encore peu plus durablement le doute. Le successeur de De Zerbi n’est pas encore nommé, mais le terrain, lui, n’attend pas. Au Vélodrome, la réponse devra être collective.
Coup d’envoi à 17h, à suivre en direct sur beIN sports.
| Compétition | Ligue 1 – 22e journée |
| Affiche | Marseille – Strasbourg |
| Date | Samedi 14 février 2026 |
| Coup d’envoi | 17h |
| Stade | Stade Vélodrome (Marseille) |
| Arbitre | François Letexier (France) |
| Diffusion TV | beIN Sport |
Photos : Alain Robert / Le Méridional
