virages désertés en guise de protestation, l’OM a longtemps cru tenir sa réaction. Six jours après la gifle reçue au Parc des Princes (5-0) suivie du départ de Roberto De Zerbi, les hommes de Jacques Abardonado semblaient avoir fait le plus dur face au RC Strasbourg Alsace en menant 2-0.
Mais un pénalty dans le temps additionnel est venu tout bouleverser. Strasbourg arrache le nul (2-2) et laisse Marseille avec un sentiment d’inachevé, presque de rechute. Une soirée qui devait marquer le rebond, finit par prolonger le doute.
Composition de l’OM (4-2-3-1)Â
Rulli – Pavard, Aguerd, Emerson Palmieri – Höjbjerg (cap.), Nadir puis Abdelli (71e) – Greenwood, Gouiri puis Medina (85e), Aubameyang puis Paixão (71e) – Timber.
Entraîneur : Jacques Abardonado.
Greenwood lance l’OM, Strasbourg refuse de plier
La soirée avait pourtant démarré sous la pression d’un contexte lourd, fait de critiques, de sifflets et d’interrogations sur l’avenir du projet. Strasbourg confisque d’abord le ballon et se montre dangereux d’entrée : Godo trouve le poteau de Geronimo Rulli dès la 5e minute. Marseille plie, défend bas et peine à ressortir proprement.
Mais sur sa première véritable séquence offensive, l’OM frappe. À la 14e minute, Mason Greenwood est servi dans la profondeur par Amine Gouiri après une récupération haute. L’Anglais prend le dessus sur son vis-à -vis et conclut d’un piqué subtil devant Mike Penders, inscrivant sa quatorzième réalisation en championnat et confortant son statut de principal atout offensif marseillais.

L’ouverture du score ne change pas immédiatement la physionomie du match. Strasbourg continue d’imposer un pressing dense au milieu de terrain et domine territorialement. Joaquin Panichelli ajuste mal une reprise qui frôle la barre (40e), Diego Moreira oblige Rulli à sa première parade sur coup franc (43e), tandis que le tir de Ben Chilwell fait frissonner les travées juste avant la pause.
À la mi-temps, Marseille mène (1-0), mais la maîtrise reste alsacienne.
Gouiri concrétise, l’illusion d’un rebond
Au retour des vestiaires, l’OM se présente avec davantage d’intensité et d’agressivité. La récompense ne tarde pas. Sous la pression de Timber, Penders manque sa relance. Gouiri récupère, contrôle et croise parfaitement sa frappe pour trouver le petit filet opposé (47e). Déjà passeur sur l’ouverture du score, l’attaquant signe là son cinquième but de la saison en Ligue 1.

Dans la foulée, Timber manque de peu de porter l’écart à trois (50e). Les Phocéens semblent alors avoir fait le plus dur, relançant la machine après les désillusions récentes.
Mais Strasbourg refuse de décrocher. Les hommes de Gary O’Neil accentuent leur présence dans le camp marseillais, affichent une supériorité nette dans la possession et multiplient les centres. Rulli reste vigilant, notamment face aux ballons aériens et aux coups de pied arrêtés, repoussant les vagues alsaciennes.
Nanasi relance le suspense, avant le coup de massue
À force d’insister, Strasbourg finit par trouver la faille. À la 74e minute, après un débordement incisif de Godo sur le flanc gauche, le centre en retrait trouve Sebastian Nanasi au premier poteau. Sa frappe croisée, légèrement déviée, s’élève en cloche et surprend Geronimo Rulli. Le ballon retombe derrière le gardien marseillais : 2-1.
Le Vélodrome se referme, et le doute revient instantanément. Strasbourg en profite pour réhausser encore le curseur. Sur corner, Doué oblige Rulli à une intervention réflexe (76e). Deux minutes plus tard, Nanasi manque le cadre d’un rien. Panichelli multiplie les courses et se signale dans la surface, jusqu’à cet accrochage avec le portier olympien qui lui vaut un avertissement (83e).

Sentant son équipe basculer, Jacques Abardonado modifie son dispositif : sortie de Gouiri, entrée de Medina, passage à une défense à cinq. Le message est clair : protéger l’avantage. Marseille recule, resserre les lignes, accepte de subir.
Mais la pression alsacienne ne faiblit pas. Dans le temps additionnel, une incursion dans la surface provoque la faute, et l’arbitre désigne le point de pénalty. Le silence retombe brutalement dans le stade, Marseille concède un pénalty.
Rulli attend le dernier moment, choisit le bon côté, et touche même le ballon… sans parvenir à le détourner suffisamment. La balle franchit la ligne. 2-2. Marseille pensait tenir sa respiration, mais il n’en est rien.

Un nul qui fait plus mal qu’un revers
Pendant près de 90 minutes, l’OM avait cru enfin contenir la tempête qui secoue le club depuis plusieurs semaines : une efficacité offensive retrouvée, une solidarité collective plus marquée et une maîtrise du jeu par moments plus convaincante.
Mais une équipe doit savoir tuer ses matches, ou au minimum les verrouiller. Marseille n’a réussi ni l’un ni l’autre. Dans un contexte déjà ébranlé par une lourde défaite, un limogeage d’entraîneur et une relation tendue avec une partie de ses supporters, cette égalisation dans les ultimes secondes laisse une impression d’étouffement prolongé.
Toujours invaincus au Vélodrome face à Strasbourg depuis vingt matches toutes compétitions confondues, les Marseillais évitent la défaite statistique. Mais dans les têtes, le goût est amer, tant l’occasion de reprendre de l’air semblait offerte.
Quatrièmes avant cette 22e journée, ils avaient l’obligation de réagir. Ils n’ont qu’esquissé des signes encourageants, sans parvenir à aller au bout — et ce nul ressemble à une nouvelle cicatrice plutôt qu’à une réparation. Ce soir, Marseille perd ses 8 et 9èmes points de la saison dans les arrêts de jeu.
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