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S’émerveiller devant Duffi, Bracquemond ou Picasso

Le pont de l’Europe de Gustave Caillebotte exposé le mois dernier à Chicago est l’une des premières œuvres de la collection Ghez. ©Alain Robert Le Méridional

L’exposition Regards d’un collectionneur, chefs-d’Å“uvre de la collection Ghez regroupe des toiles d’artistes majeurs, comme Renoir ou Picasso, à d’autres d’artistes méconnus à Aix-en-Provence. Une collection à découvrir à l’hôtel Caumont, jusqu’au 22 mars 2026.


Une partie de la collection d’Oscar Ghez est exposée à l’Hôtel Caumont. Cet industriel français a fait fortune grâce à ses usines de caoutchouc, ouvertes dès les années 20. En 1955, il acquiert ses premières Å“uvres, des toiles de peintres de Montmartre, de postimpressionnistes et d’artistes féminines peu reconnues en leur temps. C’est ainsi qu’en 1957, il achète Le pont de l’Europe de Gustave Caillebotte.

Il se procure ensuite des toiles d’artistes reconnus, comme Auguste Renoir ou Félix Vallotton et commence à exposer sa collection en 1964, après l’acquisition de nouvelles Å“uvres de Chagall, Valtat, Kisling ou Degas. « Une collection absolument hors pair, atypique, majestueuse, admet Emmanuelle Lussiez, directrice des expositions de Culturespaces, avec un ensemble de chefs-d’Å“uvre iconiques qui traverse près d’un siècle de l’histoire de l’art. » L’industriel décède en 1998, mais son fils Claude continue d’enrichir la collection et y ajoute notamment L’Aubade de Picasso, peint en janvier 1965.

Emmanuelle Lussiez, directrice des expositions de Culturespaces, a voulu des œuvres qui représentent les courants majeurs de l’art, comme l’impressionnisme, le pointillisme ou le cubisme. ©Alain Robert Le Méridional

Des œuvres nomades

Jusqu’en 2000, les tableaux de la collection Ghez sont exposés au Petit Palais, un hôtel particulier situé à Genève, acheté en 1966 et vendu en 2000. Mais, pour lui, sa collection a vocation à être vue et donc à voyager pour faire profiter le grand public de ces découvertes comme des pièces majeures. « Nos Caillebotte étaient à Chicago, il y a encore quelques jours pour la grande rétrospective sur l’artiste qui avait débuté à Paris, s’est poursuivie à Los Angeles et enfin à Chicago. Ils sont revenus juste à temps pour pouvoir être présentés ici », explique Marjorie Klein-Dugerdil, conservatrice de la collection du Petit Palais à Genève. Des toiles qui, pour certaines, n’ont pas été exposées dans la région depuis une vingtaine d’années. Quelques-uns des tableaux de l’exposition présentée à Aix-en-Provence n’ont d’ailleurs jamais été exposés en France.

De Caillotte à Picasso, l’évolution des mouvements artistiques

L’équipe du projet a cherché à établir un parcours thématico-chronologique. « C’est vraiment une collection qui reflète l’évolution des principaux courants artistiques. Elle offre au public une traversée dans l’histoire de l’art : on commence par l’impressionnisme. On termine par le cubisme, en passant par le néo-impressionnisme, les Nabis, l’École de Paris, la peinture décorative. C’est très impressionnant », poursuit Emmanuelle Lussiez. Oscar Ghez aimait l’art et ne restreignait pas ses recherches et ses acquisitions aux grands maîtres : « C’est un collectionneur très atypique, à contre-courant des goûts de l’histoire de l’art de l’époque. Il va vraiment s’attacher à rechercher des artistes méconnus du grand public à cette période-là », comme Armand Guillaumin, peintre oublié de l’impressionnisme, Nathalie Kraemer, décédée en 1943 dans les camps d’Auschwitz, l’artiste russe Tamara de Lempicka ou encore Marevna Vorobev-Stebelska, mariée au peintre muraliste Diego Ribera, qui a elle aussi souffert d’un manque de reconnaissance de son vivant. « C’est un collectionneur visionnaire et très précurseur », concède la directrice d’exposition, qui précise que c’est l’une des caractéristiques de la collection Ghez.

Une exposition unique à l’Hôtel Caumont

L’articulation de l’exposition a été pensée avec plusieurs membres du Petit Palais mais aussi la commissaire Marina Ferretti. Elle offre ainsi une vision unique de la collection Ghez : « C’est intéressant d’avoir le regard d’une personne extérieure, en fonction de ses sensibilités. Nous redécouvrons nous-mêmes nos artistes et nos Å“uvres, car il y a toute une réflexion sur la destination du public. On ne fait pas une même exposition au Japon qu’en France, ou même en Suisse. Donc c’est toujours passionnant pour nous, car c’est une nouvelle manière de voir la collection Â», explique Marjorie Klein-Dugerdil. Les 80 Å“uvres présentées regroupent un tel éventail de talents qu’elle ne peut laisser indifférente, que ce soit La toilette de Félix Vallotton, présentée la dernière fois en France du vivant de l’artiste en 1912, L’aciérie de Maximilien Luce, peinte en 1895 ou encore le Portrait de Monsieur Ghez que Dario Treves a fait en 1947.

Et la visite s’achève par un film produit par Culturespaces, qui met en mouvement certaines des toiles et plonge réellement le visiteur dans l’univers de ces peintures et de leurs maîtres.

Séverine Krikorian

Photos: ©Alain Robert Le Méridional

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