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Le coin des livres – Marguerite de Navarre, une femme d’exception qui marqua la Renaissance

Portrait présumé de Marguerite de Navarre, attribué à Jean Clouet, vers 1527 © WKMC

Elle est née l’année où Christophe Colomb découvrit l’Amérique. Marguerite de Valois-Angoulême, celle qui passera à la postérité comme Marguerite de Navarre, occupa une place d’importance plus que notable dans l’histoire du royaume de France. Patricia Eichel-Lojkine lui consacre une excellente biographie (Perrin) qui recense les aspects d’une personnalité exceptionnelle : mécène, femme de lettres, esprit diplomate… Ce n’est pas en vain que les poètes de l’époque la surnommaient « la perle des Valois Â».

Qui était Marguerite de Navarre ? A vrai dire, on la connaît surtout au travers de la vie de deux hommes dont elle était proche : François Ier, dont elle était la sÅ“ur, et Henri II de Navarre, dont elle était l’épouse. Sans compter son petit-fils Henri IV. Mais contrairement à d’autres princesses ou reines – notamment prénommées pareillement – notre Marguerite a conservé une réputation sans fioritures. Elle semble avoir échappé à ces anecdotes « croustillantes Â» que l’histoire aime tant transmettre (ou inventer…) et amplifier à loisir.

Une femme politique

Époque particulièrement compliquée que cette première moitié du XVIème siècle… Les tensions entre catholiques et protestants sont récurrentes, et le feu couve sous la braise. Marguerite de Navarre est fervente catholique, mais son sens politique et sa volonté de discussion théologique lui font emprunter une voie conciliante. Alors qu’elle use de son influence auprès de François Ier pour encourager la clémence envers « ceux de la Religion Prétendue Réformée Â», l’affaire des Placards (1534-1535) fait voler en éclats le fragile équilibre : un pasteur réussit à faire afficher au cÅ“ur même de la demeure royale une « campagne Â» de tracts injurieux contre la messe. Les répressions contre les protestants du royaume seront immédiates et durables.

Marguerite de Navarre côtoie des intellectuels, des éditeurs, des religieux… elle fréquente aussi les puissants de la Cour et entretient de bonnes relations avec la maîtresse du roi, la duchesse d’Etampes. Elle reste un élément clé dans l’entourage royal.

Protectrice des arts et des lettres, elle écrit elle-même

Elle s’éloigne de la Cour après la fameuse affaire des Placards et met ce temps à profit. Celle qui parle plusieurs langues européennes – et prendra des cours d’hébreu – s’entoure d’intellectuels et joue un rôle de mécène (notamment auprès de François Rabelais). Mais elle compose elle-même de la poésie religieuse et des nouvelles (son recueil « L’Heptameron » est publié en 1559, dix ans après sa mort).

Aborder la vie de Marguerite de Navarre, c’est aussi se promener à loisir entre les événements historiques et les détails du XVIème siècle : des guerres d’Italie aux stratégies matrimoniales, en passant par les personnalités de l’époque, le commerce du livre, la traduction des cantiques en français, l’aménagement des châteaux et des jardins, les scènes de ménage… sans oublier quelques bûchers.

La bien nommée Perle des Valois serait aujourd’hui qualifiée de « femme moderne Â». Pour respecter les canons du temps, on dira qu’elle était une humaniste accomplie, et surtout, une figure incontournable de l’histoire politique et culturelle de la Renaissance.

Jeanne RIVIERE

« Marguerite de Navarre, perle de la Renaissance Â», Patricia Eichel-Lojkine, éditions Perrin, 395 pages, 24€.

Ancienne élève de l’École normale supérieure et agrégée de lettres modernes, professeure des universités, autrice de nombreux ouvrages scientifiques, Patricia Eichel-Lojkine enseigne depuis 2004 la littérature française du XVIe siècle à l’université du Mans.

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