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Les comptes d’apothicaire de Benoît Payan

Le taux d’abstention catastrophique constaté lors des dernières élections régionales et départementales aurait dû inciter certains des gagnants du jour à une certaine humilité. Il n’en a rien été. Lorsque, par exemple, le binôme Sophie Camard et Benoît Payan (PS), est déclaré vainqueur dans le 1er canton de Marseille avec 9701 suffrages sur 40 621 électeurs inscrits, ils n’obtiennent en réalité que 23,8 % des voix alors que le journal local les bombarde à 75 % comme s’ils avaient écrasé cette élection à la façon de Tadej Pogaçar dans le Tour de France.

Et le journaliste socialiste d’exulter en diffusant ce titre ronflant : « Payan explose les compteurs ! » Ah oui ? Peut-être parle-t-il des « conteurs » qui s’en vont conter fleurette à un électorat qui n’est pas le leur ? Comme à son habitude, Payan s’est abrité derrière une femme très populaire dans ce secteur (Sophie Camard) et il n’a fait que rééditer le pitoyable scénario du « switch » avec Michèle Rubirola aux dernières municipales.

Tu fais les voix et je te les emprunte. Merci Sophie. Si l’on effeuille suffrage par suffrage ce score, somme toute modeste, de 23,8 % des inscrits, combien sont à porter au crédit de l’écologiste Sophie Camard qui draine à elle seule de très nombreuses voix dans ce secteur ? 75 % ? 80 % ? Faites le compte vous-même : les voix restantes sont très minoritaires et reflètent parfaitement une imposture socialiste signée Payan.

Certes, le binôme écolo-socialiste a gagné cette élection haut la main. Mais contre qui ? Contre deux illustres inconnus du Rassemblement National qui n’avaient aucune chance de l’emporter.

Dans le quatrième canton de Marseille, on constate le même genre d’imposture avec Samia Ghali qui s’est, elle aussi, recroquevillée derrière son brillant binôme Azad Kazandjian. Un choix qui n’est pas innocent quand on sait que ce Marseillais de trente-trois ans est président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France et qu’il s’est toujours vaillamment battu contre le négationnisme turc.

A Saint-Antoine, le cœur de ce canton, où vit une importante communauté arménienne, la présence de ce militant très respecté de la cause arménienne ne pouvait qu’être favorable à Samia Ghali (PS). Le score (réel) de ce binôme bancal où le poing et la rose ont disparu du décor est de 4580 suffrages au second tour, soit 14,01 % des 32 685 électeurs inscrits et 57,2 % des votants. Là aussi, combien de votants sont-ils à mettre à l’actif du seul jeune homme au détriment de la Madone des quartiers nord ?

Ce double exemple illustre la duplicité des besogneux socialistes marseillais. On se dissimule derrière une valeur montante, on fait campagne sur des idéaux qui ne sont pas les vôtres pour être à la mode, et puis on s’en va sans gloire et sans honte cueillir les lauriers d’une victoire volée. Sébastien Barles, pur écolo, a compris : il a déjà claqué la porte d’un défunt Printemps…

Quant au maire de Marseille, il a confié à un journaliste local « qu’il n’accepterait pas que Marseille soit gouvernée par le maire d’une ville de 5000 habitants ». Il fait allusion à Roland Giberti, maire de Gémenos, vice-président de la Métropole et président du conseil de territoire, qui a si bien géré sa commune que ses concitoyens n’y paient quasiment plus d’impôts locaux… La flèche est empoisonnée mais elle ne peut pas atteindre sa cible. Encore raté M. Payan !

José D’Arrigo rédacteur en chef du Méridional

Image de José Darrigo

José Darrigo

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