De la barre au conseil municipal
Tout commence par un détour. Klein n’est pas un politique de carrière. Il vient du barreau, où il a été élu bâtonnier des avocats d’Aix-en-Provence, puis siégé au Conseil national des barreaux. « Ça m’a donné le goût de la représentation des autres », confie-t-il, les mains posées sur la table.
En 2019, il intègre une liste municipale en deuxième position. La liste fait un beau score, mais n’arrive pas en tête. Klein se retrouve dans l’opposition une expérience qu’il décrit sans complaisance : « Mieux vaut être dans la majorité. Dans l’opposition, on n’a aucun pouvoir décisionnaire. On sert de faire valoir. »
C’est à cette époque qu’il rejoint Horizon, le parti d’Édouard Philippe, dont il dit admirer la vision à long terme, si rare en politique. Il en devient le chef de file local, avant d’être investi par Philippe lui-même pour briguer la mairie.

La métropole, en finir avec la politique de la chaise vide
Sur la question de la métropole Aix-Marseille-Provence, Klein est tranchant. La politique d’isolement menée par la mairie sortante ? Une faute. « On est partis dans un antagonisme là où on devait trouver une synergie. »
Lui se définit comme l’avocat des Aixois au sein de la métropole, mais aussi vis-à -vis de la région, de l’État, de l’Europe. « Aix-en-Provence a besoin d’être défendue, non pas d’être figée dans des postures. » Il rejette d’emblée le mot « collaboration » trop passif à son goût et lui préfère celui de défense des intérêts.
Laisser la ville respirer
C’est peut-être là que Klein surprend le plus. Lui, l’avocat en costume, plaide pour une ville qui respire.
Son cheval de bataille environnemental : mettre fin à l’artificialisation nette. Détruire les parkings goudronnés, les surfaces minérales qui étouffent les sols, pour laisser la terre absorber les pluies de plus en plus violentes. « La respiration de la terre, c’est peut-être le seul moyen pour adapter la ville au réchauffement climatique. »
En complément : la végétalisation systématique. Des arbres pour fixer le carbone, retenir l’humidité, offrir de l’ombre. « Deux axes : désimperméabilisassions et végétalisation. » Simple, clair, défendable.
Tous vigies de la ville
Aix, une ville calme ? Klein conteste l’idée reçue. « C’est parce qu’elle est riche qu’elle est tentante. » Narcotrafic, cambriolages, incivilités la ville n’est pas épargnée.
Sa réponse ne se résume pas à l’augmentation des effectifs policiers. Il mise sur un réseau de vigies citoyennes : taxis, chauffeurs de bus, agents du nettoiement, restaurateurs, les 2 400 fonctionnaires municipaux. Et un dispositif technique baptisé réseau SOAIX un système de boutons d’alerte couplés à la vidéoprotection.
La tolérance zéro, chez lui, commence par les petites choses : un trottoir encombré de feuilles pour une personne âgée, c’est déjà de l’insécurité. « 99,9 % des gens mettent leur papier dans une poubelle. Ceux qui ne le font pas ne peuvent plus être impunis. »
Penser la mobilité autrement
La grande idée qui fait sourire jusqu’à ce qu’on réalise que ça existe déjà . Klein propose une télécabine reliant la gare routière à la zone commerciale de la Pioline, pour désengorger l’un des nÅ“uds de circulation les plus problématiques d’Aix.
« Écologique, silencieux, rapide, ludique », énumère-t-il. Et pas si utopique : Paris en a un, la métropole développe une liaison entre Vitrolles et l’aéroport. Sur le plus long terme, il plaide pour une vraie desserte ferroviaire transversale de Manosque à Vitrolles et des voies réservées pour les transports en commun.

Santé, fédérer plutôt que subir
Aix a des atouts médicaux HPP, Axium, Saint-Thomas, la Clinique de l’Étoile, le centre hospitalier Aix-Pertuis. Mais prendre un rendez-vous reste un parcours du combattant.
Klein veut que la mairie joue un rôle de coordinateur, en aidant à la création de pôles de santé mutualisés. Objectif : désengorger les urgences et offrir aux Aixois des délais de consultation raisonnables. « Ça, c’est améliorer le quotidien des Français en général, et des Aixois en particulier. »
Airbnb au service des étudiants
Dernier sujet, inattendu mais concret : la location saisonnière. À Aix, louer une résidence secondaire sur Airbnb nécessite déjà une déclaration en mairie et une autorisation de changement d’usage. Klein veut aller plus loin : conditionner cette autorisation à 8 mois de location étudiante préalable.
La logique : le propriétaire loue son bien 8 mois à un étudiant, puis le bascule en Airbnb pendant la saison touristique. L’étudiant accède à un logement plus facilement, le propriétaire cumule deux sources de revenus. Tout le monde y gagne. « On parle beaucoup d’étudiants, beaucoup de seniors. Mais un jeune qui commence, il a besoin de vivre dans cette ville. »
De l’avocat au maire, il n’y a qu’un pas. Philippe Klein assure qu’il est prêt à le franchir. L’avocat a plaidé. Le verdict, lui, attendra le jour du vote.
