Un Classique ne laisse jamais place à la demi-mesure. Ce dimanche soir, au Parc des Princes, l’Olympique de Marseille défie le Paris Saint-Germain avec une idée fixe : rester fidèle à ses principes. À la veille du déplacement, Roberto De Zerbi et Timothy Weah ont livré un discours direct en conférence de presse, où le jeu, la faim et l’état d’esprit occupent une place centrale. Face à un PSG toujours dominant, l’OM ne veut ni se renier ni subir.
De Zerbi : « Si on n’attaque pas, si on ne joue pas, on n’a aucune chance »
Lucide sur l’écart de standing, Roberto De Zerbi refuse pourtant toute approche attentiste.
« Contre eux, c’est toujours difficile. Ils restent la meilleure équipe d’Europe à mon sens. Ils ont tout gagné l’an dernier et ils ont l’un des meilleurs entraîneurs », rappelle-t-il d’abord, avant d’insister sur la seule voie possible selon lui.
« Nous, on doit refaire des matchs comme les deux derniers, avec humilité, en jouant. Si on n’attaque pas, si on ne joue pas, on n’a aucune chance. »
Le technicien italien assume cette philosophie, même face à un adversaire largement supérieur sur le papier.

« Il faut défendre, bien sûr, mais aussi jouer, parce que nous aussi on a des joueurs forts. Greenwood, Weah, Aubameyang, Paixão, Nwaneri, Højbjerg, Balerdi, Medina, Emerson, De Lange, Rulli… Nous aussi, on doit croire en nos qualités, mais toujours avec humilité. »
Interrogé sur l’existence d’une recette face au PSG, De Zerbi coupe court.
« Non, je ne suis pas un cuisinier. Il n’y a pas de recette. Il faut l’orgueil, la fierté, la faim, ne jamais oublier Bruges, et jouer au football. En plus d’un Classique, on représente une ville, une histoire. Rien que ça, c’est déjà une responsabilité énorme. »
Greenwood, attendu à un niveau « mondial »
Dans ce contexte, Mason Greenwood cristallise de nombreuses attentes. De Zerbi ne s’en cache pas.
« J’ai besoin d’un Greenwood comme lors des deux derniers matchs. Un Greenwood mondial », avance-t-il, avant d’ajouter : « Si nous devons perdre, nous perdrons mais avec envie. La même que Mason Greenwood a montrée samedi dernier à Paris. »

L’entraîneur marseillais salue surtout l’évolution de son joueur.
« Il est en train de devenir un joueur complet. Il a traversé des moments difficiles, il est resté ici, il a compris qu’on lui disait les choses pour son bien. Il est aussi plus humain, plus ouvert, et c’est très positif. »
Face au PSG, Greenwood devra confirmer cette progression dans la plus importante affiche de la saison, un match à très haute intensité. L’ailier anglais sera l’atout principal de l’OM.
Sur l’effectif : « C’est uniquement une question de charge »
Sur le plan physique, Roberto De Zerbi a tenu à lever toute inquiétude. Les joueurs absents de la séance collective ne souffrent d’aucun problème particulier, l’entraîneur parlant uniquement de gestion des charges à l’approche du Classique.
« Il n’y a pas de problème particulier. Les joueurs que vous avez vus à part ont beaucoup poussé hier et avant-hier », a expliqué le technicien italien, avant de préciser les cas concernés :
« Il y a Egan-Riley, Vermeeren, Nadir, Aubameyang, Junior Traoré. Aguerd n’est pas encore à 100 %. Abdelli s’est un peu entraîné hier et aujourd’hui. »

Un choix assumé et maîtrisé, selon De Zerbi :
« Ceux que vous avez vus avec moi aujourd’hui avaient davantage récupéré après le match contre Rennes. Il n’y a pas de secret, c’est simplement de la gestion. »
Murillo : De Zerbi assume et élargit le message
Très offensif dans ses propos, Roberto De Zerbi est longuement revenu sur le cas d’Amir Murillo, dont le départ à Besiktas s’est acte ce vendredi, mais aussi sur son exigence globale.
« La question de Murillo est très simple. Moi, je suis entraîneur et j’ai des devoirs. Mon obligation, c’est d’avoir des joueurs qui ont faim », affirme-t-il.

Le technicien italien va plus loin :
« Quand on fait des mauvais matchs comme à Bruges, où honnêtement j’ai honte, je peux accepter l’erreur, parce que moi aussi j’en fais. Mais je veux des joueurs qui ont toujours faim, pas seulement de temps en temps. Depuis décembre surtout, lui a manqué de cela. »
Sans éluder sa part de responsabilité, De Zerbi insiste :
« Si quelqu’un n’a pas suffisamment faim, il ne joue pas. Ne pas jouer, c’est ma responsabilité. Et oui, c’est aussi un échec pour moi si je n’ai pas réussi à transmettre à 100 % ce que je veux. »
Sur le poste de latéral droit, le message est clair :
« Il y a Pavard, Timothy Weah, Timber peut aussi jouer à ce poste. Il vaut mieux être peu, mais affamé, que nombreux et moyens. »
Rulli – De Lange : confiance, mais exigence
Quant à savoir quel gardien jouera dimanche, De Zerbi maintient le suspense.
« Vous verrez dimanche. Dimanche soir, vous comprendrez », glisse-t-il, avant de préciser :
« La confiance, je l’ai pour mes deux gardiens de la même manière.Â

S’il reconnaît une période plus délicate pour Geronimo Rulli, le discours reste protecteur.
« Rulli fait plus d’erreurs ces derniers matchs, c’est vrai. Mais je ne dirai jamais rien contre lui. C’est un garçon parfait. Son attitude, sa mentalité, son implication, son attachement au maillot sont irréprochables. »
Le choix final se fera sur un seul critère :
« Moi, je vais simplement évaluer le rendement sur le terrain. Après, on verra s’il joue ou pas. »
Weah : « Ce match, c’est presque une revanche »
De son côté, Timothy Weah a livré un discours empreint de maturité. Touché par le départ annoncé d’Amir Murillo, il assume l’émotion.
« Amir et moi, on a une relation un peu spéciale. On est deux joueurs de la zone CONCACAF, je le connais depuis longtemps, je connais sa famille. Forcément, ça me touche. Mais c’est une décision du coach et du staff, il faut la respecter. »

Sur le terrain, peu importe le système.
« Défense à quatre ou à cinq, pour moi ça ne change rien. Le plus important, c’est l’état d’esprit. Contre Rennes, tout le monde était concentré, et ça a bien marché. »
Marqué par la dernière défaite face au PSG, Weah assume aussi l’idée de revanche.
« Le match perdu dans les dernières secondes, c’était dur à avaler. On était là , on a perdu, ça fait mal. Ce prochain derby, c’est une opportunité, presque une revanche. »
Même sans supporters au Parc, Weah n’oublie jamais pour qui il joue.
« Ils sont toujours derrière nous. On va tout faire pour remporter ce match pour eux. »
Dimanche soir, au Parc des Princes, l’OM ne jouera pas seulement un Classique. Entre fierté, exigence et esprit de revanche, De Zerbi et ses joueurs savent que chaque ballon compte. Jouer, oser, et montrer que Marseille ne courbera jamais l’échine face au pouvoir parisien : voilà le véritable enjeu d’un match où le cœur et la faim devront primer sur le terrain. Au Parc, jouer reste la seule chance d’exister.
Photos : Alain Robert / Le Méridional
