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PSG – OM : « Il y a perdre, et perdre. » Le vertige après l’humiliation

Humilié à Paris (5–0), l’OM s’enfonce dans le doute. Après Liverpool et Bruges, le naufrage du Classique interroge sur le projet De Zerbi et l’avenir immédiat du club.
Humilié à Paris (5–0), l’OM s’enfonce dans le doute. Après Liverpool et Bruges, le naufrage du Classique interroge sur le projet De Zerbi et l’avenir immédiat du club.
©Alain Robert / Le Méridional

L’Olympique de Marseille est sorti groggy du Parc des Princes. Corrigés 5–0 par un Paris Saint-Germain intouchable, les Olympiens ont vécu l’une des soirées les plus sombres de leur histoire récente. Dans un Classique sans suspense, l’OM n’a jamais semblé en capacité de rivaliser. Ni dans l’intensité, ni dans l’organisation, ni dans l’attitude. Et lorsque le score s’est envolé, il n’est resté que le malaise.Après l’élimination européenne à Bruges, ce Classique agit comme un révélateur brutal : l’OM abandonne ses illusions de titre et laisse filer sa place sur le podium.

Balerdi lucide, un vestiaire touché

Capitaine d’un soir noir, Leonardo Balerdi n’a pas cherché à masquer la réalité.

« On ne peut pas accepter ça, on ne vient pas ici pour faire ça. La première période, on est passés à côté et ça se voit contre une équipe comme ça. Tout se paye. »

Quelques mots secs, avant que le capitaine quitte la scène, à l’image d’un collectif conscient de la gravité de la prestation.

L’absence de supporters marseillais dans le parcage a sans doute évité une bronca supplémentaire, mais le message venu des tribunes parisiennes n’en était pas moins cruel. Quelques jours après Bruges, l’OM enterre ses derniers espoirs de sommet et perd sa place sur le podium au profit de Lyon, vainqueur pour la 12e fois consécutive, sur la pelouse de Nantes (0-1). L’Olympico du 1er mars s’en sera que plus décisif.

De Zerbi face à ses contradictions

Sur le banc, Roberto De Zerbi n’a jamais trouvé la clé. Tous ses paris ont échoué : le choix de Jeffrey De Lange dans le but, la défense à trois, le maintien du duo Greenwood-Nwaneri, le placement des Greenwood sur la gauche, son replacement et le passage en 4-2-3-1 à la mi-temps, rien n’a fonctionné. À mesure que le score s’alourdissait, les visages du staff se fermaient, rappelant l’atmosphère déjà lourde observée en Belgique.

Face à la presse, l’entraîneur italien est apparu sonné, presque abasourdi.

« On a perdu le match dans tous les compartiments… Honnêtement, je n’ai pas d’explication. C’est le plus grand problème en ce moment. »

Avant d’élargir le constat à l’irrégularité chronique de son équipe :

« Tu commences le match et tu ne sais pas qui tu vas avoir sur le terrain. Ce n’est pas une excuse, et il faut encore demander pardon. Si j’avais la solution pour trouver la régularité, je la prendrais sans hésiter. C’est la première fois dans ma carrière que mon équipe qui fait les montagnes russes comme ça. »

Lorsqu’on lui demande si ses multiples compositions d’équipes déstabilisent ses joueurs, l’entraîneur Marseillais répond :

« J’ai toujours huit, neuf joueurs qui sont les mêmes, je fais juste deux ou trois changements en fonction des blessures. Ce soir Aguerd aurait dû jouer s’il n’était pas blessé. Non, je ne trouve pas mon équipe déstabilisée par les changements. Emerson joue tout le temps, Balerdi joue tout le temps, Hojbjerg joue tout le temps, Paixao joue tout le temps quand il est en forme, Weah joue tout le temps ; quand il n’est pas blessé, Gouiri joue tout le temps. Les seuls nouveaux sur le terrain sont Nwaneri et Timber, qui sont des joueurs forts et qui nous apportent quelque chose de différent. »

Avant d’enchaîner sur la titularisation de De Lange :

« J’avais vu que Rulli n’était pas serein dernièrement. C’est quelqu’un de bien qui souffre quand les choses ne vont pas dans le bon sens. Je pensais que ça pouvait l’aider à retrouver la sérénité d’être sur le banc. »

Défendu par Luis Enrique à l’issue de la rencontre, De Zerbi n’a pas échangé à chaud avec ses joueurs ni avec ses dirigeants. Mais il l’assure, les discussions viendront.

« Je ne suis pas découragé, non, mais plutôt triste. Il y a perdre, et perdre. On ne doit pas jouer ni perdre de cette manière. On parle toujours avec les dirigeants après les matchs, qu’ils soient bons ou mauvais, des solutions à trouver… ce sera la même chose qu’après Bruges ou Nantes. »

Greenwood, symbole d’un OM en panne

Dans ce naufrage collectif, la prestation de Mason Greenwood a cristallisé les critiques. Attendu comme un leader offensif, l’Anglais a traversé la rencontre sans jamais peser, loin de son statut de meilleur buteur du championnat. Ballons perdus, choix discutables, repli défensif inexistant face à la correction : son match a rappelé ses périodes les plus sombres. Il est évident que son placement a déstabiliser l’équipe, mais on attend plus de lui.

La comparaison avec un Ousmane Dembélé en mode Ballon d’Or, intenable et irréprochable, n’en a été que plus cruelle. Là où le Parisien a fait basculer la rencontre par son impact et son explosivité, Greenwood est resté muet, incapable de créer la moindre situation dangereuse. Une tension visible avec De Zerbi a d’ailleurs éclaté en seconde période, symbole d’un malaise plus profond.

L’entrée d’Himad Abdelli, qui aura connu un premier match pitoyable sous ses nouvelles couleurs, n’a pas permis de rééquilibrer l’équipe. Le principal intéressé l’a reconnu sans détour :

« Ça met un coup. Tout le monde était prêt, c’est une grosse défaite. »

Une situation désormais préoccupante

Après Bruges et Paris, l’OM subit une nouvelle humiliation, et se retrouve face à ses propres limites. Capable de séduire et de convaincre sur certaines séquences de la saison, il montre aussi un visage inquiétant dès que l’exigence monte d’un cran. L’écart entre le potentiel affiché et la réalité du terrain interroge.

De Zerbi l’a lui-même résumé avec lucidité :

« Si on a l’OM de Lens, je pense qu’on n’a pas de souci à se faire. Si c’est comme ce soir ou Bruges, c’est plus compliqué… »

En quelques jours, Marseille a vu ses ambitions s’effondrer. Plus qu’une lourde défaite, ce Classique laisse une impression de vertige. Le projet est-il assez solide pour encaisser de tels chocs ? La réponse devra venir vite, car la suite de la saison s’annonce bouillante.

Image de Joseph Poitevin

Joseph Poitevin

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